Alors c'est ce qu'on a fait, d'Alsace, de Paris , de Lorraine, d'Aquitaine.Des trains rapides, nous nous y retrouvions.Ensemble. Des trains qui convergeaient vers St Nazaire, ville de Loire et d'Atlantique.
Le coeur à l'envers , la tête bourdonnante , le chaos des souvenirs, les larmes jamais loin, les rires quand même...
Et puis , son visage si marqué, cette drôle d'idée d'être à l'étroit dans ce cercueil, son énergie volée, sa voix éteinte et ses yeux clos.
Bien sûr , elle n'a pas vu Karine se pencher, l'embrasser, ni Nathalie, interdite, bouleversée, ni moi, serrer ses mains, sentir sous ma bouche son front froid, son front dur.
Elle n'a ni vu, ni entendu Philippe, ni Carole, ses enfants, les premiers des filles Mercier, leurs yeux mordorés fixés sur elle, leur mère qu'ils avaient peut-être crue invincible malgré l'effroyable travail de sape du diabète.Ils étaient là, accompagnés de James, gracieux, droits, la voix ferme, l'humour à fleur de lèvres malgré les écrous se vissant...ce n'était pas assourdissant comme pour mon père, simplement d'une tristesse infinie.
Les fleurs, les voitures, le monde à l'église, tant de personnes sincèrement affligées, les regrets, les mains sur le cercueil, les bénédictions , la parole simple et calme d'un prêtre aux yeux limpides et puis le vrai dernier voyage.Une cérémonie simple, des pétales, effleurer le bois une dernière fois , les portes qui coulissent, qui happent le cercueil.Les larmes de Carole, en cascade, jaillissant enfin après tant de courage, la tendresse de James envers cette adorable jeune femme secouée de sanglots, qui trouve le moyen de me tendre la main.Il a montré tant de discrète compassion, présent sans jamais rien forcer qu'en si peu de temps, je l'ai aimé, et même si la vie décide de ne jamais se revoir, il restera gravé.
Toujours pas faim, toujours pas soif, une halte dans ce lieu étrange, la pensée haletante vers celle que la mort réduit en poussière.
Une pizzéria, Claude son mari, digne, peu bavard, le temps qui passe , l'heure du train...
Je repars avec Nathalie, la voix lézardée, le TGV, docile et insensible nous dépose à Paris .Deux taxis qui nous séparent.Je peux voir son visage de petite fille un peu perdue dans la pénombre pendant quelques dizaines de mètres et puis mon taxi revient vers Montparnasse.
C'est fini Pascale, on ne se reverra plus.
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Je sais ,pour les autres c'est injuste.Yanis est un
petit garçon sublime et c'est mon petit-fils ! De surcroît, Yanis est charmant, gentil , patient, le plus tendre des enfants !
Le sable dans ses cheveux, l'océan gris dans ses
yeux...
et le goût des bonnes choses !
Je vous laisse rêver .
